Un petit tour et puis s'en va

Publié le par Julie M.

Un petit tour et puis s'en va

Se croire invincible.
Penser sa famille immortelle.
Voir les gens qu’on aime vieillir et les imaginer éternellement sains.
Afin de se protéger le cœur et l’âme, on occulte la mortalité de son entourage.

Et puis tout s’effondre.
Notre monde s’écroule.
On cesse de respirer lorsque la réalité nous submerge…
Qui nous fera sourire ? Qui nous laissera des messages improbables sur notre répondeur ? Qui nous emmènera là-haut, à la frontière de l’hilarité ?

Une plaie ouverte.
Une plaie béante.
Une plaie qui saigne.

Chaque jour on essaie de panser ce cœur en sang. Chaque jour on se souvient. Chaque jour une esquisse de sourire se dessine sur nos lèvres lorsque nos yeux se posent sur un souvenir. Un souvenir qui fait mal. Mais un souvenir qu’on ne voudrait oublier pour tout l’or du monde. On s’y accroche. On lutte pour garder les images intactes. Une odeur. Une sensation. Une chanson. Tout est propice à un plongeon dans le passé.

On considère souvent les siens comme du quotidien. On ne voit plus les détails. On ne prête plus attention à un évènement bénin. On n’apprécie pas assez les moments passés avec chacun d’eux. Le temps est précieux. Il file, il défile et ne se rembobine pas. Malheureusement. Lorsque l’on prend conscience de cela, il est trop tard. Il ne reste alors que les souvenirs. Et les regrets. Les regrets qui ne font qu’ouvrir un peu plus la blessure. J’aurai dû… J’aurai pu… J’aurai voulu…

Parler d’eux est important. Oui, ça peut faire mal. Mais c’est nécessaire. Préserver leur vie passée. Se laisser envahir par leur présence dans un objet, dans un moment. Se commémorer leur façon d’être, leur façon dont ils ont embelli notre vie. Ils ne sont plus là physiquement, non. Mais ils ne doivent jamais disparaître de nos cœurs. Le souvenir est primordial. Le respect est indiscutable.

Essayer de profiter de chaque instant. Penser qu’un jour ils ne seront plus là. Evidemment, passer son temps à raisonner ainsi, et notre moral est au plus bas. Mais il faut toujours garder dans un recoin de son cerveau que le temps est immuable - il ne changera pas d’avis pour revenir en arrière-, qu’on ne peut le retenir et que chaque être de notre existence a sa place, a sa légitimité et nous apporte sa part de bonheur. Chaque être est important. Et il est bon de leur dire ou de leur faire ressentir. Comme nous aimerions, nous, connaître l’importance que l’on a aux yeux des autres.


« Le temps est un grand professeur mais malheureusement il tue ses élèves. »
Hector Berlioz

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