Quand tu te rends compte que, en fin de compte, et bien non…

Publié le par Julie S.

Quand tu te rends compte que, en fin de compte, et bien non…

Tu y avais mis pourtant tout ton cœur. Toutes tes tripes. Tout ton courage. Tu t’étais juré que tu y arriverais. Que tu passerais au-dessus de tout ça. Que tu ferais avec. Tous ces bâtons dans les roues. Toutes ces marques d’égoïsme. Tous ces gens centrés sur eux-mêmes. Qui croient penser à toi mais ne le font pas une demi seconde. Tu avais pris sur toi. Depuis tout ce temps. Tu as l’habitude.

Promis, juré, je vais bien. On sourit et on répète que ce n’est pas grave. Qu’on passe outre. On ne comprend pas, ça non. Mais on vit avec. De toute façon on n’a pas vraiment le choix. Si on veut avancer, il faut prendre sur soi. Il faut mettre de l’eau dans son vin paraît-il.
Mettre de l’eau dans son vin… Et donc toute sa vie, on réagira ainsi ? On sera le gentil ? On sera le pigeon ? On pense en son for intérieur que la prochaine fois ne se passera pas comme ça. Que l’on dira ce que l’on pense. Que l’on ne se laissera pas faire. Mais la prochaine fois arrive, et c’est toujours le même refrain. On ne peut pas se changer. On ne peut pas prétendre être quelqu’un d’autre. Celui en face est un concentré de nombrilisme ? Il nous la fait à l’envers ? Il ne donne pas le centième de ce qu’il demande, voire exige ? Et bien tant pis pour lui. On ne va pas s’amuser à devenir comme lui juste pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Car, peut-être, serions-nous alors encore plus mal. Alors on se tait. Encore. Et on avale sa salive. Toujours. On se dit qu’on finira bien par accepter. On est convaincu que l’on doit prendre son mal en patience. Qu’un jour ou l’autre tout changera.

Mais rien ne change. Et c’est même l’inverse. A force d’accumuler, à force de surestimer ta capacité à tout garder, à force de ne rien dire, c’est l’explosion là-dedans. Tu étais convaincu que tu t’en sortais très bien, puis ça arrive. D’un coup. Sans crier gare. Sans te prévenir. Tu bouillonnes et ça suinte par tous tes pores. Pas la peine de chercher un coupable. Le seul coupable, c’est toi. A force de te croire surhumain. A force de penser que l’Homme avec un grand H va changer. Ton niveau est à sa limite. Le maximum est atteint. Ça déborde. Ta colère, ta rage, ta peine, tout tente de s’enfuir. Toi-même tu tentes de t’enfuir. Tu veux échapper à ce flot d’émotions qui te submerge. Tu accuses les autres. Tu t’énerves contre eux. Toujours les mauvaises personnes d’ailleurs. Leur moindre agissement t’agace. T’irrite. Mais arrête donc ton cinéma. Je te le redis, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même. Tu voudrais tellement changer. Tu voudrais tellement penser différemment. Mais tu n’y arriveras pas. Il y a deux clans dans la vie : ceux qui font ce qu’ils veulent, sans se préoccuper de la bienséance, et les autres, qui agissent comme ils voudraient qu’on agisse avec eux. Tu fais partie de la seconde catégorie. Et, désolée d’être si abrupte, mais c’est pour cela que tu morfles.

Donc oui, mais en fait, non. Tu pensais t’en sortir. Très bien même. En souriant, toujours. En acceptant les agissements des autres. Mais il arrive un moment où leurs agissements te transpercent le cœur. Tu souris, mais ton cœur saigne. Tu essuies tes larmes d’un revers de la main, sans que personne ne les voit. Jamais. Mais les larmes qui coulent laisseront une plaie sur ta peau. Un petit repère. Si la situation se représente, peut-être tendras-tu la main au lieu de la joue pour le recevoir ce fameux coup.

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