Vacances forcées et confinées – semaine 3

Publié le par Julie S.

Vacances forcées et confinées – semaine 3

Jour 1. La peinture qui gonfle, vous connaissez ? Voici donc l'activité du jour à faire avec nos deux de 4 ans. C'est une belle idée sur le papier... Après... Un peu de farine, un peu de sel, un peu de bicarbonate, un peu d'eau, et le tour est joué. Sans oublier les colorants alimentaires pour avoir quand même plusieurs couleurs. Ou, à défaut quelques gouttes de peinture. Sauf que je n'ai plus de colorants. Ils sont tous passés dans la pâte à modeler maison (qui n'a pas survécu au confinement – paix à son âme). Et je n'ai pas de gouache ! Alors, à l'aide d'un pinceau, j'ai frotté comme une dératée les ronds bleus, verts et rouges des palettes à peinture pour enfants qui traînent chez nous. Verdict ? Ignoble. Les gosses n'ont rien vu de la dégueulasserie du truc. Ils étaient heureux. Ils sont encore très loin d'avoir la notion du beau ! Bref, ils ont fait leur dessin. Que je ne retiendrai pas dans le top 5 de leurs plus grandes réussites...

 

Jour 2. Le télétravail, c'est vicieux. Mon mari reçoit des mails, des appels téléphoniques même quand il n'est pas censé bosser. 13H, 22H... Finalement, il ne bosse pas du tout moins. N'en déplaise aux « Gnagnagna, rien ne va. Gnagnagna, je me plains. Gnagnagna, tout ce que le gouvernement décide est nul. Gnagnagna, c'est un pays de merde ». Gnagnagna, vous m'emmerdez. Et je crois que vous n'emmerdez pas que moi.

Toujours est-il que demain c'est le 1er avril. J'ai donc eu le droit à du découpage aujourd'hui. Le grand kiffe. Je crois que j'ai joui.

Non, j'déconne.

Mon grand moment à moi aujourd'hui, a été mon bain. Rempli de mousse. Ultra bouillant. Là, j'ai pris mon pied !

 

Jour 3. J'ai une super idée les gars. Il me faudrait quelqu'un d'ultra brillant, d'ultra pointu dans les nouvelles technologies. Je t'explique le truc. Tu crées une application. Une application pour les flics. Comme ça, ils pourraient noter les identités de tous ces gros blaireaux qui continuent de faire leurs va-et-viens sans aucun scrupule. Il faudrait arrêter TOUTES les voitures. Noter TOUTES les identités. Et, s'ils sortent une deuxième fois dans la semaine (sauf pour aller bosser, évidemment), BAM, amende ! Car là, j'hallucine. Vraiment. Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans « confinement », putain ! Vous qui sortez, vous qui n'avez toujours aucune conscience de tout ce qui se passe, même quand on atteint les 500 morts par jour rien qu'en France, vous qui vous considérez comme au-dessus de tout, je vous vomis. Allez tous attraper cette merde. Un peu moins de cons sur Terre ne fera pas de mal. Pendant que vous faites les cons, d'autres se voient obligés de sortir pour assurer votre sécurité, pour assurer certains de vos services, au péril de leur vie. Au risque de se mettre dans une énorme merde qui leurs coûterait la vie. Un peu de respect pour eux bordel ! Ils aimeraient tellement rester chez eux. Au lieu de sauver le cul de personnes qui ne le méritent pas. 

Aujourd'hui, c'était le 1er avril. Cette date sera, à jamais, spéciale pour moi. Et pas uniquement pour moi. C'est l'anniversaire d'une personne spéciale. Qui mettait de la joie dans nos vies. Qui en met toujours lorsque l'on se remémore ses comportements, ses mots, ses rires. Cette journée, quoiqu'il arrive, sera toujours une belle journée. Car son âme plane au dessus de nous, particulièrement ce jour. Ses yeux plissés, ses sourcils broussailleux, son nez retroussé, ses doigts qui se frottent, son fragnol, ses cotons tiges dans les oreilles, son odeur de pieds, ses ronflements, ses siestes à rallonge, ses apéros à répétition, sa générosité, ses blagues... Bon anniversaire papi.

 

Jour 4. Je le sens. Je sens qu'ils ne reprendront pas l'école... C'est d'une tristesse. J'ai l'impression que sans la maîtresse, ils vont virer neuneu. Oui, ils sont en petite section, et alors. Peut-être qu'ils vont recommencer à pisser au lit. Peut-être qu'ils ne vont plus savoir ce qu'il y a après le 10. Mais c'est surtout l'apprentissage de l'autonomie. Mes gosses ont mis pas mal de temps à mettre leurs chaussures tous seuls. Ils ne savent pas encore s'habiller totalement tout seul. Et l'école pour ça, c'était top. On va les transformer en ermites ! Ils ne vont plus savoir se tenir en public. Ils ne vont plus connaître les bonnes manières. Ils ne vont s'exprimer plus qu'en onomatopées, cris et autres horreurs pour nos oreilles. Ils vont devenir des Coro-magnons !

Sinon, c'est décidé, demain, on arrête les conneries. On se lève « tôt », on mange à une heure décente, idem pour le coucher...

 

Jour 5. On émerge à 9h30... Amorphes, on reste dans le lit. Les grumeaux nous rejoignent. Câlins. La petite appelle. Y., tel un grand frère attentionné, va lui enlever sa turbulette, et elle sort toute seule de son lit à barreaux. On est 5 dans le lit. Et la petite dit « poussez-vous, poussez-vous ». Ce petit aparté fera sourire les parents de très jeunes enfants... J'ouvre Instagram et là je vois que les mères parfaites ont déjà habillé leurs gosses, et qu'ils sont en train de dessiner des ronds parfaits à 1 an, et les aînés de 5 ans récitent les tables de multiplications. Putain, je fous en l'air la vie de mes gosses. On se décide à bouger nos fessiers, à nourrir ces estomacs sur pattes. Le soleil vient de se lever, ha non, il est 11h passé, tant pis on va quand même petit déjeuner, faut pas déconner (tu connais la pub l'ami ricoré ? Relis la phrase, et souviens-toi de l'air...).

13h. Je n'ai toujours aucune idée du repas de midi. J'ouvre le frigo et je n'ai aucune illumination qui me traverse le cerveau. Soit, on fait avec ce qu'on a. Mais on n'a bientôt plus grand chose...

 

Jour 6. Je vous jure les gars, je ne vous comprends pas. Ça défile, ça n'arrête pas devant chez nous. Ne me faites pas croire que vous allez bosser un samedi. Les autoroutes suite au début des vacances de pâques sont blindées. Je ne saisis définitivement pas. Le français moyen est ultra prétentieux. Ultra égoïste. Ultra pédant. Et le pire, c'est qu'il finira par tout critiquer. Quoiqu'il se passe. Trop de durcissements dans les règles du confinement, et on nous prive de notre liberté. Pas assez strictes, et les morts sont de leurs fautes. On ne dénonce pas le voisin qui fait un barbecue géant, et on est irresponsable. On le fait, et on est collabo. Le truc, c'est que ça ne sert à rien de remettre la faute sur les autres. Les coupables, ce sont nous. Enfin, plus exactement, toi. Car, perso, je les respecte les règles. Ce n'est pas moi qui vais refiler quoique ce soit à qui que ce soit. Perso, je remercie tous ces gens qui risquent leur vie. Et cela s'applique aussi aux policiers qui ont l'air de te faire royalement chier. J'aimerais qu'ils t'embarquent. J'aimerais qu'ils te pillent à force d'amendes. Cela s'applique aussi aux politiciens sur lesquels tu craches. Quelque soit le parti que l'on soutient, ils sont quand même en première ligne. Ils doivent prendre des décisions, et ils savent qu'ils devront essuyer des milliers de critiques, d'insultes, même des menaces, quoiqu'ils décident. Alors, c'est facile de verser tout ton venin, assis confortablement dans ton canapé, pendant que eux doivent évaluer, juger une situation et prendre des mesures qui devront sauver un maximum de personnes. Bref, toi et ton petit cerveau uniquement tourné vers toi-même, je suis loin, très loin de te respecter. Si tu veux jouer avec le feu, grand bien t'en fasse. Mais joue avec ton entourage. Tue ta mère, tue tes gosses, mais viens pas nous faire chier. N'entre pas dans nos vies.

 

Jour 7. J'ai un rappel sur mon téléphone. Demain, on part en Espagne. Pour 10 jours. Adieu monde cruel. C'est pô juste!

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Anne Marie Martin 06/04/2020 23:08

Pardon je voulais, bien sûr, dire 4eme semaine

Julie S. 14/08/2020 17:31

Du coup il n'y a pas eu de 4ème semaine... L'inspiration m'a quittée...

Anne Marie Martin 06/04/2020 19:12

Très beau et très vrai.
Très beau hommage à papi. J ai bien ri avec tes souvenirs.
Hâte de lire ta troisième semaine