On va finir par y croire

Publié le par Julie S.

On va finir par y croire

Le temps passe, et on a l'impression de gérer. Le quotidien, les changements, on fait face. On est là. On sourit. "Oui, oui, ça va." Réponse automatique accompagnée d'un sourire. Et on finit par y croire à cette vérité qu'on aimerait avaler. On pense réellement que le plus dur est derrière. Que maintenant, il ne nous reste plus qu'à faire avec. Se créer un autre futur que celui qu'on s'était imaginé.

 

 Et ce moment arrive. Ce moment où tout bascule. Ce moment où l'on se rend compte que non, on ne fait pas face. Ou en tout cas, pas si bien que ça. On croit que ce n'est qu'un petit passage à vide, mais ça ne passe pas. Alors on réfléchit. Et on se rend compte que ça ne fait que 6 mois que notre vie s'est fissurée. Et par cette chaise vide, cette chaise qui aurait dû être la tienne, une multitude de choses s'écoulent. Oubliées les envies, oubliés les projets, oubliée l'envie d'avoir des projets. Oublié le goût des autres. Cet état semble permanent. Figé. Notre esprit s'est fermé. Notre cœur s'est construit une barricade. Et nos poumons... nos poumons refusent cet air dont tu es désormais privée. Alors quand on se retrouve dans la même pièce qu'un certain nombre de personnes, ils se bloquent, nous serrent la cage thoracique.  Alors on s'échappe. On s'isole et on prend une grande inspiration. Histoire de revenir à la surface. Mais cet air avalé nous brûle et nous rappelle que tes dernières inspirations à toi étaient saccadées. Difficiles. Elles semblaient te dechirer. Te faire souffrir. Alors à notre tour. Car ton tour ne reviendra jamais. Cet air là le sait. Et c'est pour cela qu'il nous déchiquette la gorge. Lentement. Il prend son temps. On respire à nouveau une fois que l'on a retrouvé la douce chaleur de notre foyer. Pas avant. Car c'est là que tu aurais dû être. C'est là que tu es. Pas chez les autres. Ici. Dans notre cuisine. Dans notre chambre. Dans notre cœur. 

 

J'écris ce texte à la troisième personne, car je vis pour elle. Je vis pour toi. Nous sommes deux à présent. 

 

Et, comme c'était si bien dit... je vais bien, ne t'en fais pas.

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M
Papa et maman pensent a toi mon bébé. Merci pour ce beau texte qui est si vrai mais si difficile a saisir pour les autres.
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