Avant / Après

Publié le par Julie M.

Avant / Après

Avant, on était 4 sur le siège arrière de la voiture, sans ceinture.

Avant, un enfant s’amusait avec un carton, ou un bâton.

Avant, on laissait sa place assise à une personne âgée, ou à une femme enceinte.

Avant, il y avait 70% de réussite au bac, toutes sections confondues.

Avant, on pouvait crier haut et fort notre amour pour notre patrie la France, ou porter le drapeau.

Avant, les joueurs internationaux étaient fiers de représenter le pays bleu blanc rouge, prenaient ça comme une réelle chance.

Avant, on était passager et on étendait les jambes sur le tableau de bord, les doigts de pied en éventail.

Avant, les femmes revendiquaient leur liberté et on admirait leur confiance en elle, en leurs mini-jupes.

Avant, les profs étaient un second pilier pour l’éducation, les enfants les craignaient.

Avant, les immigrés étaient reconnaissants envers leur terre d’accueil et consacraient du temps à leur intégration, à leur apprentissage.

Avant, les enfants pouvaient regarder le Club Dorothée, assister à ses concerts, et s’imaginer avec Sangoku.

Mais ça, c’était avant.

Maintenant, 2 sièges auto et un chien. Maximum autorisé. Le petit de 2 ans ne peut plus respirer tellement les ceintures lui serrent le sternum. Mais ce n’est pas grave. Au moins, il ne sera pas éjecté.

Maintenant, l’enfant a la Play Station dans sa chambre à 8 ans. Un appareil photo numérique à 13. Un Iphone 5 à 14. Et, quand on lui offre un livre, s’il ne passe pas inlassablement son doigt sur la couverture, espérant ainsi tourner les pages, il balance le cadeau par terre en appréciant la blague et, maintenant, « donne moi le vrai ».

Maintenant, on passe devant les femmes enceintes, elles sont trop lentes. Et puis de toute façon, elles sont trop laides, on dirait des baleines échouées. Plus on évite leur regard, mieux c’est. C’est peut être contagieux. Et les mémés ? Pffff, déjà, on ne sait pas pourquoi elles sortent. Elles devraient rester devant leur cheminée à tricoter et attendre que le temps passe.

Maintenant, il y a 95% de réussite au bac. Il ne sait pas conjuguer avec l’auxiliaire avoir ? Ce n’est pas grave, il a fait tout de même acte de présence, et, pour cela, on le remercie.

Maintenant, tu mets un autocollant d’un drapeau français sur ta voiture, et tu passes aux infos le lendemain pour « flash spécial, voiture brûlée à Avignon. Seul un autocollant a été retrouvé. On distingue le drapeau français. La police privilégie la piste accidentelle. Des analyses sont en cours pour déceler des produits toxiques sur la partie verso de l’autocollant. L’entreprise est mise en examen ».

Maintenant, les joueurs français mâchent leur chewing-gum au lieu de chanter la marseillaise. Mais c’est sûrement pour oxygéner au maximum leurs poumons et éviter tout éventuel risque lié à, que sais-je, une aspiration trop importante d’air qui pourrait entraîner un coma respiratoire… Je ne suis pas médecin après tout.

Maintenant, on est assis bien droit sur son siège, et, si on mange une banane, on risque d’être interpellé et de se prendre une amende. Incitation sexuelle et déconcentration du conducteur. On a choisi le mauvais fruit. On aurait dû prendre une prune…

Maintenant, tu as le choix entre chiennes de garde, ou provocatrice assumée. Tu t’es fait violée ? Normal, ta jupe criait famine. Elles se sont battues pour le droit de vote, on se bat pour le port du voile… A croire que les droits accordés aux femmes sont inversement proportionnels à la longueur de la jupe.

Maintenant, les profs craignent les élèves. Voire leurs parents. Ils n’osent plus mettre d’heures de colle de peur de voir rappliquer les créateurs de ces mini dieux. Et puis, si mon fils est dissipé en cours, s’il est complètement à la rue, c’est juste qu’il est surdoué. C’est bien connu…

Maintenant, la langue maternelle des immigrés reste et restera celle que parlaient leurs arrière grands parents. Oui, ils sont nés en France, mais ils n’oublient pas leurs origines. Et pour cela, ils restent entre eux et s’évertuent à garder leur accent intact. On n’oublie pas d’où on vient nous, quitte à cracher sur nos voisins. Le mémoire du pays mon frère.

Maintenant, les tous jeunes, jeunes et moins jeunes peuvent acquérir un langage châtié et ce grâce à la télévision. Les Nabilla, Ayem et autres candidats aux émissions de téléréalité permettent une nette amélioration de la langue française et tout le monde rêve d’être à leurs côtés. Leurs QI frôlent les summums des plus grands intellectuels… Ho ! Cette phrase ne veut rien dire ! J’en perds mon latin… Non mais allô quoi !

Alors non, il ne faut pas être nostalgique. Mais comment ne pas avoir peur de l’avenir quand on voit dans quel sens tourne le monde ? Allez, animez-vous, ça ne peut être pire…

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Hélo 06/01/2014 14:56

Et oui ! La France n'est plus...... Et le pire, nos aînés se sont battus pour nous. Mais nous on laisse faire !

Bibi 02/01/2014 12:28

Avant, je pensais à l'avenir... Maintenant, je suis nostalgique du passé...

Beau post, comme je les aime.

Mic 29/12/2013 14:38

Mdr, l'incitation sexuelle de la banane et la jupe trop courte! très bien vu :)